Aide à l’arrêt des benzodiazépines : de nouveaux outils pour le prescripteur

La Haute Autorité de santé a publié une fiche memo d’aide à l’arrêt des benzodiazépines (BZD) à l’attention du médecin traitant. Cette fiche a pour objectif de réduire les prescriptions au long cours de BZD dans l’anxiété et l’insomnie, une proportion importante de patients utilisant ces molécules en continu sur plusieurs années.

Les benzodiazépines (BZD) sont des molécules qui agissent sur le système nerveux central ; elles sont indiquées et prescrites notamment dans le traitement symptomatique des manifestations anxieuses, dans les troubles du sommeil, dans le sevrage alcoolique et le traitement des épilepsies généralisées ou partielles.

Les BZD doivent être prescrites pour des durées allant de quelques jours à un mois en cas d’insomnie et n’excédant pas 3 mois en cas de manifestations anxieuses sévères. Ces molécules perdent leur intérêt thérapeutique en cas de traitement prolongé qui, dans la plupart des cas, devient injustifié alors qu’en parallèle les risques d’effets indésirables augmentent (somnolence diurne, troubles de la mémoire, démence, chutes, accidents, etc.) ainsi que celui de dépendance physique et psychique.

Aussi est-il rappelé que toute prescription de BZD ou de médicaments apparentés (zolpidem, zopiclone…) doit respecter les indications et les durées de traitements prévues par l’autorisation de mise sur le marché. Les indications de ces produits et la durée de prescription sont à évaluer au cas par cas en prenant en compte la situation médicale, -psychologique et sociale du patient. Après échec des règles simples hygiéno-diététiques permettant d’éviter d’y avoir recours, le patient doit avoir été informé des effets secondaires et des modalités de son arrêt, dès l’instauration de son traitement par BZD. Il est important que ce dernier soit progressif, sur une durée de quelques semaines à plusieurs mois [en cas de traitement chronique] afin de prévenir un syndrome de sevrage (signes nouveaux qui apparaissent à l’arrêt ou à la diminution du traitement) ou un effet rebond (réapparition de l’insomnie ou de l’anxiété).

Une simple diminution de la posologie doit déjà être considérée comme un résultat encourageant dans la perspective d’un arrêt du traitement. Un ensemble d’outils est mis à disposition du médecin sur le site de la HAS pour l’aider dans sa démarche d’arrêt.

En savoir plus

Consulter la fiche mémo de la Haute autorité de santé

Consulter le dossier Benzodiazépines

Page d’origine: http://www.sante.gouv.fr/aide-a-l-arret-des-benzodiazepines-de-nouveaux-outils-pour-le-prescripteur.html

Nicolas Sainmont
http://psla-deauville.fr et http://psla-maison-de-sante.org
http://www.maisonmedicale-deauville.fr/cv-nicolas-sainmont/

A propos nicolassainmont

Médecin spécialiste en médecine générale Unité de Soin Primaire MSP de Deauville Maître de Conférences Associé à la Université Caen Président de FORMUNOF (Evolutis DPC).
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